Un système à vocation plurielle
Les débuts du programme
Testé pour la première fois en 1990 sur le satellite Spot 2, ce système d’orbitographie est ensuite embarqué en 1992 sur le satellite franco-américain Topex-Poséidon. En 1993, l’instrument est utilisé sur Spot 3. Son objectif : localiser des points terrestres fixes.
Des évolutions constantes
En mars 1998, un instrument Doris s’envole sur Spot 4. Il est enrichi du navigateur expérimental Diode qui calcule en temps réel la trajectoire du satellite à partir des mesures réalisées par le récepteur Doris. Ce logiciel, intégré depuis à tous les instruments Doris, permet de calculer à bord en temps réel la localisation extrêmement précise du satellite.
Diode présente des atouts particulièrement intéressants pour les applications liées à la navigation. Il permet d’accroître non seulement l’autonomie de l’instrument Doris mais également celle du satellite : le contrôle de son altitude et la poussée des moteurs pourraient ainsi, à terme, se faire automatiquement.
Autre évolution : la miniaturisation des récepteurs Doris. Leur masse a été divisée par 2 pour Envisat et par 4 pour Jason et Spot 5. Les récepteurs Doris de 2e génération possèdent 2 canaux de réception des signaux, contre 1 seul auparavant. Cette avancée technologique permet d’effectuer simultanément des mesures sur 2 balises différentes et minimise ainsi les conflits entre les missions d’orbitographie et de localisation.
Cette capacité de traitement a encore été augmentée sur les instruments actuels, baptisés "DGXX" afin de mieux répondre aux besoins de l’International Doris Service (IDS) et améliorer encore l’autonomie, la robustesse et la précision du système. Ces instruments voleront sur Pléiades, Jason 2, Altika et HY2.
D'autre part, les instruments Doris sont encore plus compacts puisqu'un seul boîtier contient désormais une technologie équivalente à 14 instruments Doris de 1e génération. Le signal reçu par l'antenne se voit aiguillé automatiquement sur la chaîne active. Des efforts ont également été réalisés pour diminuer les opérations, ce qui contribue à diminuer les coûts de mise en oeuvre du système par le centre de contrôle du satellite.
Un couplage plus étroit entre Doris et les altimètres des missions Jason 2 et Altika a été élaboré de manière à accéder à l’altimétrie des zones côtières et des eaux continentales (lacs, rivières), faisant de Doris un système incontournable pour ce type d’application.
Un succès technique, opérationnel et scientifique
Depuis sa mise en service, les performances de Doris ont largement dépassé les attentes de la communauté scientifique. Au fil des années, l’efficacité du système n’a cessé de croître pour atteindre, avec la mission Jason, une précision de l’ordre du centimètre.
La société CLS, filiale du CNES, assure une grande partie de l’exploitation de ces données et un support au CNES pour leur promotion. De plus, à l'initiative du CNES, le service international Doris (IDS) a été officiellement créé le 1er juillet 2003. Il est un des services de l'IAG (International Assembly for Geodesy) en charge de fournir les produits Doris à tous les utilisateurs des communautés géodésiques, géophysiques et opérationnelles.








