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5 instruments pour explorer Mars


13 août 2010

Les outils scientifiques qui équiperont l’orbiteur de la mission Exomars en 2016 ont été choisis. La NASA et l’ESA ont eu la lourde tache de départager les 19 finalistes en juillet.

Les gaz « trace »


Orbiteur Trace gas orbiter (TGO) de la 1ere mission Exomars en 2016. Crédits : ESA.

En tout et pour tout, ce sont 4 instruments américains qui iront scruter la planète rouge et un instrument belge.

Et parmi eux, 2 s’intéresseront directement à la composition chimique de l’atmosphère martienne : MATMOS et SOIR-NOMAD.

Objectif : aller dénicher les gaz « trace », gaz en quantité infime qui sont autant d’indicateurs de l’activité à la surface et dans l’atmosphère de la planète rouge.




Concentration de méthane à la surface de Mars. Crédits : NASA.

Concentration de méthane à la surface de Mars. Crédits : NASA.

Les regards se portent notamment sur le mystérieux méthane détecté dans l’atmosphère de Mars en 2003 par la sonde européenne Mars Express.

« Il y a une incompatibilité entre les mesures du méthane effectuées par Mars Express et depuis des observations sol et le modèle développé par François Forget au LMD*, souligne Francis Rocard, responsable des programmes d’exploration du système solaire au CNES. Nous avons des doutes sur la fiabilité des mesures de la sonde. Quant aux observations depuis le sol, elles sont difficiles à valider étant donnée que l’atmosphère terrestre, à travers laquelle on observe le méthane de Mars, contient elle-même du méthane. Enfin, les modèles globaux de circulation atmosphérique révèlent une incohérence sur la durée de vie du méthane sur Mars. »



Origine biologique ou minérale


Francis Rocard, responsable des programmes d'exploration du système solaire au CNES. Crédits : CNES/O. Pascaud.

Francis Rocard, responsable des programmes d'exploration du système solaire au CNES. Crédits : CNES/O. Pascaud.

Quoiqu’il en soit, ce méthane attise la curiosité des scientifiques. Il pourrait être produit par des bactéries martiennes et donc prouver qu’il y a actuellement de la vie sur Mars.

Mais pas seulement. « Le méthane peut également avoir une origine purement minérale, explique Francis Rocard. C’est la réaction de serpentinisation dans laquelle le CO2 en présence d’eau et au contact de roches à haute température riches en fer produit du méthane. »

Et dans ce cas, il pourrait exister sur Mars des niches écologiques où l’environnement serait propice au développement et au maintien d’une forme d’activité biologique.



Sonde Mars Express, en orbite autour de Mars depuis 2003. Crédits : Ill. ESA.

Sonde Mars Express, en orbite autour de Mars depuis 2003. Crédits : Ill. ESA.

Au total, une dizaine de scientifiques français du CNRS vont travailler sur les données de 4 instruments de la sonde TGO d’Exomars.

Lors de cette 1ère mission en 2016, un atterrisseur européen de démonstration sera embarqué pour acquérir et valider les technologies très exigeantes permettant l’atterrissage sur Mars.

En 2018, un nouvel atterrisseur devrait emporter 2 robots mobiles : un européen équipé de la charge utile Pasteur et d'un système de forage, et un américain capable d’analyser et de stocker des échantillons pour un éventuel retour ultérieur sur Terre.

Les missions Exomars pourraient apporter des informations capitales sur la question de la vie sur Mars. Elles visent aussi à préparer une future mission de retour d’échantillons martiens envisagée pour le milieu de la prochaine décennie.

 

 

* Laboratoire de Météorologie Dynamique : unité mixte de recherche (CNRS-Université) implantée à l'École Polytechnique à Palaiseau, à l'École Normale Supérieure et à l'Université Pierre et Marie Curie à Paris.

 




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