CNES Jeunes
Français English

Envoyer à un ami Imprimer

Modularité et compétitivité

 
Ariane 6 devra être modulable. Crédits : CNES.

Le maître mot pour définir Ariane 6 pourrait être « modularité ».

Comme le confirme Jean-Philippe Dufour, « la modularité s’obtient en particulier en partant d’un lanceur de base, dit lisse, auquel viendront s’ajouter des propulseurs d’appoint afin de gagner en performance. »

Ariane 6 devra en effet satisfaire une large gamme de besoins, depuis 4 t en orbite basse pour les satellites d’observation, jusqu’à 8 t en orbite géostationnaire pour les satellites de télécommunication.

Le 2e mot-clé d'Ariane 6  sera à n’en pas douter « compétitivité ».




Jean-Philippe Dufour, sous-directeur adjoint en charge d'Ariane 6 au CNES. Crédits : CNES/D. Jamet.

Alors que le lancement double d’Ariane 5 permet une mutualisation des coûts, le lancement simple implique de maîtriser une organisation industrielle et des technologies qui garantissent des coûts de revient compétitifs, notamment dans le domaine de la propulsion.

« Mais dans ce type de calcul, il ne faut surtout pas se focaliser uniquement sur le coût des moteurs. Il faut aussi prendre en compte leur impact sur le coût complet du système de lancement, y compris celui de l’infrastructure qui va avec » insiste Jean-Philippe Dufour.

Une chose est déjà certaine : pour trouver l’équation gagnante, il faudra en partie s’appuyer sur des solutions éprouvées issues de l’expertise déjà acquise tout au long de l’aventure Ariane, mais aussi savoir faire preuve de capacités d’innovation. Intéressons nous par exemple aux technologies de propulsion.





Le moteur Vulcain équipe l'étage principal d'Ariane 5 depuis ses débuts en 1996. Crédits : ESA/CNES/Arianespace.

Le moteur Vulcain équipe l'étage principal d'Ariane 5 depuis ses débuts en 1996. Crédits : ESA/CNES/Arianespace.

« A ce stade, le projet est naturellement très ouvert et toutes les options envisageables pour la propulsion de ce lanceur sont examinées », précise Jean-Philippe Dufour, « que ce soit en ayant recours à des ergols liquides ou à des propergols solides. »

En matière de propulsion liquide, un des axes de travail consiste à trouver – et à valider – des technologies permettant de réduire le nombre de pièces des moteurs, et donc à la fois leur complexité et leur coût.

« Nous nous appuyons sur des démonstrations technologiques actuellement en cours au sein du programme Vulcain X sur des composants du moteur Vulcain, et dont les premiers résultats sont prometteurs. »

Les idées ne manquent pas non plus du côté de la propulsion solide :



Le petit lanceur Véga pourrait faire son 1er vol en 2010. Crédits : CNES/Ill. J. Huart.

Le petit lanceur Véga pourrait faire son 1er vol en 2010. Crédits : CNES/Ill. J. Huart.

« Pour le lanceur Véga, la Direction des lanceurs, au sein de l’équipe projet intégrée avec l’ESA et l’agence spatiale italienne, a mené le développement d’un 1er étage à poudre très novateur, le P 80. Ce propulseur est monolithique, c’est à dire qu’il est constitué d’un seul bloc de poudre, au lieu de 3 pour les accélérateurs d’Ariane 5 » explique Jean-Philippe Dufour.

Ce bloc unique permet d’avoir moins de vibrations, ce qui est beaucoup plus confortable pour la charge utile.

« Son autre grand avantage » poursuit l’ingénieur, « c’est qu’il est entouré d’une enveloppe en carbone, beaucoup plus légère que les solutions métalliques mises en œuvre pour les accélérateurs à poudre d’Ariane 5. Autant de gagné pour la performance. Mais sur Ariane 6, il faudrait adapter cette technologie à une échelle plus grande, ce qui n’est jamais simple. »



La famille Ariane depuis 1979. Crédits : CNES/Ill. D. Ducros.

La famille Ariane depuis 1979. Crédits : CNES/Ill. D. Ducros.

Et encore ne s’agit-il que de 2 exemples de tous les défis qui attendent les ingénieurs sur le chemin d'Ariane 6.

Mais en tant que chef de projet, Jean Philippe Dufour reste confiant, et enthousiaste :

« Participer aux travaux préparatoires d’un futur lanceur est passionnant, car tout est à construire. Mais préparer la future génération d’Ariane, c’est aussi tenir la promesse que l’avenir d’un des plus beaux symboles européens est assuré. Et à la Direction des lanceurs du CNES, nous en sommes très fiers. »



...


 

Haut de la page