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Phobos-Grunt : direction Mars en novembre


27 octobre 2011

La sonde russe devrait prendre le chemin de la petite lune de Mars le 8 novembre avec plusieurs instruments français à bord. Objectif : déterminer l'origine de Phobos.

Une mission à risques


Image de Phobos prise par la sonde américaine MRO en 2008. Crédits : University of Arizona/HiRise-LPL.

Image de Phobos prise par la sonde américaine MRO en 2008. Crédits : University of Arizona/HiRise-LPL.

« Nos correspondants russes étaient un peu inquiets pour le planning en 2009 donc nous n'avons pas été très surpris de ce report de lancement, réagit Alain Gaboriaud, chef de projet CNES de la contribution française à Phobos-Grunt.

Il faut dire que les défis technologiques de la mission Phobos-Grunt sont de tailles : aller se poser sur Phobos, petit satellite martien de moins de 30 km, prélever des échantillons de sol, les renvoyer sur Terre, traverser l’atmosphère à plus de 12 km/s...

« Si l’une de ces étapes critiques ne fonctionne pas, c’est toute la mission qui est perdue », souligne Francis Rocard, responsable des programmes d’exploration du système solaire au CNES.




Sonde Phobos-Grunt. Crédits : Roscosmos.

Sonde Phobos-Grunt. Crédits : Roscosmos.

Mieux valait donc repousser le départ pour donner à Phobos-Grunt toutes les chances de réussir.

Car les scientifiques attendent beaucoup de cette collecte de roches ; ils espèrent grâce à elle découvrir l’origine de Phobos, savoir d’où vient cette lune, et mieux connaître l’environnement martien.

C’est après 11 mois de voyage que Phobos-Grunt rejoindra la planète rouge.

La sonde effectuera tout d’abord des mesures de la magnétosphère et de l’atmosphère martienne, et déposera son passager chinois Yinghuo-1 sur son orbite de travail autour de Mars.



200 g de roches en provenance de Mars


Alain Gaboriaud, chef de projet CNES de la contribution française à Phobos-Grunt. Crédits : CNES.

Alain Gaboriaud, chef de projet CNES de la contribution française à Phobos-Grunt. Crédits : CNES.

Le véhicule atterrira ensuite sur Phobos, petit corps rocheux dont la gravité est extrêmement faible (l’atterrisseur ne pèsera plus que 400 g une fois posé !). Et là, les expérimentations pourront commencer avec la participation de 3 instruments français*.

« Il y aura un microscope visible et infrarouge, issu de travaux ultérieurs sur Rosetta, qui sera utilisé pour repérer les zones à échantillonner, décrit Alain Gaboriaud.

Deux autres instruments, un chromatographe en phase gazeuse et un spectromètre laser, serviront à déterminer la composition moléculaire du sol. »



La sonde Phobos-Grunt devrait rejoindre Phobos au printemps 2013. Crédits : Ill. Roscosmos.

La sonde Phobos-Grunt devrait rejoindre Phobos au printemps 2013. Crédits : Ill. Roscosmos.

Parallèlement à ces analyses in situ, qui dureront 1 mois, un système de collecte similaire à celui utilisé par les missions soviétiques Luna 20 et 24 se déploiera. Il récoltera 200 g de roches et de poussière et les déposera dans une capsule prévue pour retourner sur Terre.

La précieuse récolte devrait ainsi rejoindre notre planète 3 ans après le début de la mission.

« Si jamais ça marche, ce seront les 1ers échantillons à revenir d’aussi loin, d’une lune de Mars ! », s’enthousiasme d’avance Alain Gaboriaud. Phobos-Grunt se prépare à une mission historique.

* Equipes françaises ayant contribué aux instruments : le Groupe Spectrométrie Moléculaire et Atmosphérique (GMSA) de Reims, le Laboratoire Atmosphères, Milieux, Observations Spatiales (LATMOS), et l’Institut d’Astrophysique Spatiale (IAS) d’Orsay.



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