Elisa Cliquet : une propulsion au sommet
D’aussi loin qu’elle se souvienne, Elisa Cliquet a toujours voulu s’approcher des étoiles.
Mais la petite fille qui passait ses nuits d’été sous les cieux étoilés du Lot était bien loin d’imaginer qu’un jour, elle deviendrait spécialiste en propulsion spatiale.
Aujourd’hui, Elisa travaille à la Direction des Lanceurs du CNES, et participe avant chaque lancement d’Ariane à l’évaluation de l’aptitude au vol du moteur de son étage supérieur, le HM-7. Un moteur toujours dans le coup mais dont le 1er exemplaire a volé avec la toute 1ere Ariane, en 1979 !
« Quelques mois avant le vol, j’assiste chez le fabricant à la réception du moteur, pendant laquelle nous est présenté un bilan technique suite à 2 essais. Chaque moteur ayant ses particularités, je dois vérifier qu’il reste bien dans le domaine pour lequel il a été qualifié, en termes de performance et de marges de sécurité. »
Bien sûr, depuis 30 ans qu’il assure de bons et loyaux services, le HM-7 a beaucoup évolué.
Là encore, c’est aujourd’hui Elisa qui veille à ce que ces changements ne se fassent pas aux dépens de la fiabilité. « Chaque modification du moteur, ou d’un des procédés intervenant dans sa fabrication, fait l’objet d’un processus de qualification très rigoureux. »
En ce moment, la jeune ingénieure évalue l’impact sur le moteur de l’utilisation d’une partie des ergols (hydrogène et oxygène liquides) jusqu’ici considérés comme « inconsommables », car plus assez froids après quelques dizaines de minutes de vol.
« Il y a un risque pour que ces ergols, s’ils sont trop chauds, se vaporisent dans les turbopompes, ce qui mettrait la mission en péril. En même temps, chaque kilo d’ergol brûlé en plus au niveau de ce dernier étage correspond à un gain direct en performance. Il faut trouver le bon compromis ! »
Elisa Cliquet avec la maquette du véhicule à propulsion nucéloélectrique qu'elle à contribué à définir. Crédits : CNES/D. Jamet.
À côté de ces activités, Elisa Cliquet prépare aussi le futur dans le cadre d’avant-projets.
« Je travaille en ce moment sur un démonstrateur de moteur plus puissant que l’actuel Vulcain d’Ariane, avec 200 t. de poussée. »
Un futur sous le signe duquel Elisa semble décidément placée depuis sa 1ere entrée au CNES, lors d’un stage dans le cadre de sa 3e année à Centrale Paris.
« Mon sujet de stage était d’évaluer différents scénarii pour une mission martienne habitée. C’était vraiment génial ! Je suis allée jusqu’à concevoir un véhicule à propulsion nucléo-électrique qui a été repris par une agence de design et réalisé en maquette ! »
Si elle concède que le spatial est un domaine très technique où il vaut mieux aimer les sciences physiques, Elisa conseille aux jeunes qui voudraient travailler dans ce domaine de ne renoncer à leur rêve à aucun prix.
« Le spatial n’est pas réservé à une élite. Le plus important, c’est la motivation. J’ai passé quasiment 10 entretiens avant d’être admise à la Direction des Lanceurs, mais j’y suis arrivée et j’adore mon métier ! »








