Une lueur au bout du labyrinthe
« L3S » naissant des cendres encore chaudes d’Europa, certains proposèrent de nommer le bel oiseau Phénix.
Mais les Allemands, dont le 3e étage capricieux n’était pas pour rien dans les déboires d’Europa, ne goûtèrent guère cette piqûre de rappel. Véga, la 1ere étoile à apparaître au zénith dans le ciel d’été, faillit bien l’emporter. Mais ce nom était déjà celui d’une bière belge alors très prisée.
Ce fut finalement Jean Charbonnel, ministre du Développement industriel et scientifique, qui proposa Ariane à ses partenaires européens.
Pour cet agrégé d’histoire passionné de mythologie grecque, cette proposition se justifiait par les nombreux méandres qu’avait connus l’Europe spatiale jusqu’alors.
Comme il le confirmera quelques années plus tard, « le fil d’Ariane symbolisait le cheminement difficile d’un projet qui devait aboutir à sortir du labyrinthe des échecs. »
Hauteur des vidéos : 430px
Nom de la première vidéo : Pourquoi avoir choisi "Ariane" ?
Texte de la première vidéo :
D'après vous, à quoi la fusée européenne doit-elle son nom ? Réponse avec Yves Sillard, ancien directeur général au CNES. Crédits : CNES.
Vignette de la première vidéo (108px):

Url externe de la première vidéo : http://www.cnes-multimedia.fr/video/flash/30ans_Ariane/nom_ariane_sillard.flv
Image d'attente de la première vidéo :

Dans la mythologie grecque, le fil d'Ariane permit à Thésée de sortir du labyrinthe après avoir tué le Minotaure. Crédits : ESA.
Mais là encore, les Allemands ne l’entendaient pas de cette oreille.
Outre Rhin, « aller voir Ariane » signifie avoir un 5 à 7...
Entre les relents éthyliques de Véga et les sous-entendus scabreux d’Ariane pour les Allemands, la marche devenait étroite.
C’est alors que Georges Pompidou, Président de la République, se souvint que la France assumait tout de même l’essentiel de la charge financière du programme.
Il siffla la fin de la récréation avec un lapidaire « écoutez, nous payons, et nous avons été très gentils. Alors c’est Ariane, et ça restera Ariane... »
Décollage d'Ariane L01, le 24 décembre 1979 depuis Kourou, en Guyane française. Crédits : CNES/ESA/CSG Service Optique, 1979.
Une fois le nom trouvé, tout reste encore à faire pour le CNES.
L’établissement public se voit en effet chargé d’établir les spécifications du lanceur et de mettre en place l’organisation industrielle de ce grand meccano européen spatial, tout en conservant la fameuse « vision système » qui permet de ne jamais perdre de vue l’essentiel :
un lanceur n’est pas un simple empilement d’étages, c’est un tout, un système dont chacune des parties influe sur les autres et réciproquement.
Finalement, après des années de péripéties si variées que chaque millésime mériterait un livre, Ariane s’envolait vers son 1er succès le 24 décembre 1979.
Un cadeau de Noël presque inespéré pour tous ceux qui au CNES s’étaient depuis 6 ans battus contre la technique et les contraintes budgétaires afin de faire vivre cette grande idée d’un lanceur européen fiable et compétitif.






