Ariane, un lanceur qui revient de loin
Décollage d'Ariane 5 depuis le Centre spatial guyanais. Crédits : CNES/ESA/Arianespace/Activité Optique Vidéo CSG.
Ariane a 30 ans. Dans sa 5e version, c’est aujourd’hui une belle et grande fusée, fiable et dont les performances augmentent régulièrement, preuve qu’elle n’est pas encore parvenue au bout de son potentiel.
Grâce à sa capacité de lancer simultanément 2 satellites, Ariane fait mieux que la plupart de ses rivales internationales au point de rafler plus de la moitié du marché des lancements commerciaux.
Pourtant, il y a 30 ans de cela, bien peu de gens pariaient sur l’avenir de ce qu’on désignait alors sous le sigle de L3S, pour « lanceur 3 étages de substitution. »
Il faut reconnaître qu’un tel vocable n’était guère propice à déchaîner l’enthousiasme. « Substitution », cela avait un petit goût amer d’ersatz, de pis-aller. Faute de grive, après l’abandon de l’ambitieux programme Europa 3, on se rabattait sur un merle...
30 ans plus tard, on mesure l’injustice de ce préjugé, et combien on sous-estimait ce dont était capable l’esprit pionnier qui avait mené au succès du programme Diamant, le 1er lanceur spatial français, dont l’héritage avait échu au CNES.
Hauteur des vidéos : 430px
Nom de la première vidéo : Europa, ou les déboires de l'Europe spatiale
Texte de la première vidéo :
Avant le programme Ariane, l'Europe spatiale a tenté de développer la fusée Europa, avec plus ou moins de succès. Entretien avec Yves Sillard, ancien directeur général du CNES. Crédits : CNES.
Vignette de la première vidéo (108px):

Url externe de la première vidéo : http://www.cnes-multimedia.fr/video/flash/30ans_Ariane/europa_sillard.flv
Image d'attente de la première vidéo :

Le grand mérite de l’échec d’Europa fut de démontrer qu’on ne gère pas un programme lanceur comme une auberge espagnole.
La 1ere version du lanceur Europa était en effet un assemblage assez improbable : pour 1er étage, un missile balistique dont les militaires britanniques ne voulaient plus, suivi d’un second étage français, lui-même coiffé d’un troisième allemand.
À vrai dire, le tout ressemblait furieusement à une mauvaise blague, laquelle faillit se conclure tragiquement lorsque la tentative de lancement la moins infructueuse se termina par un impact en baie d’Hudson après un survol de New York le 12 juin 1970.
De l’échec d’Europa, lequel contrastait singulièrement avec les succès connus précédemment par le programme Diamant, les autorités françaises conclurent que c’était certainement dans l’hexagone que se trouvait réunit l’essentiel des compétences les plus à même d’offrir la vision d’ensemble qui pourrait mener un programme de lanceur européen au succès.
Restait cependant à convaincre les autres partenaires du bien-fondé de cette analyse.
L’argument décisif tint au financement : la France prenait à sa charge 65% des coûts de développement, tout en s’engageant à assumer un surcoût éventuel de 35% par rapport au coût prévisionnel.
Malgré ces assauts de bonne volonté, il fallut encore de longues négociations ponctuées de compromis pour qu’enfin le 31 juillet 1973, le principe de L3S soit accepté par tous. Mais manifestement, il restait à trouver un nom plus fédérateur à ce beau projet. Et là encore, il fallut négocier.







