Le conseil de nos experts
Je vous écris de... l'orbite terrestre !
Deux fois par mois, le « messager des étoiles » vous adresse une carte postale d’un nouvel endroit du système solaire dans laquelle il vous fait partager ses plaisirs de lecture ou une rencontre inattendue. Aujourd'hui, il fait escale en orbite terrestre.
10 août 2009
Notre Terre, ce paradis...
Je vous écris aujourd’hui depuis l’orbite terrestre. La sensation que je ressens à flotter ainsi en apesanteur, alors que l’océan est à près de 400 km sous mes pieds, est tout simplement indescriptible. Vue de l’espace, notre planète est un paradis. Sur cette perle bleue et blanche où tout semble paisible, les plus dévastateurs des cyclones se parent de la douceur du coton.
Depuis l’espace, pas de frontières, sinon celles de la nature, que je survole allègrement. Au 13e siècle, mon compatriote Marco Polo passait pour le plus grand des explorateurs après avoir atteint la Chine. Au 19e siècle, Jules Verne tenait pour un exploit de faire le tour du monde en 80 jours. Aujourd’hui dans ma capsule spatiale, je boucle un tour de Terre en 90 minutes, et en une demie journée, c’est 8 fois que j’ai vu le Soleil se lever.
Cette expérience unique, d’ici quelques décennies, vous serez peut-être des milliers à l’avoir éprouvée. Par la majesté de ce que les passagers de ces vols découvriront, ceux qui étaient encore de simples touristes au décollage reviendront sur Terre en véritables ambassadeurs de notre planète.
Tous ceux qui ont eu la chance d’admirer la planète bleue depuis l’espace ont pris conscience du fait que les êtres humains n’étaient que des passagers parmi d’autres du vaisseau Terre. Et sur cette arche de Noé spatiale, il n’y a pas de chaloupe de sauvetage. Nous n’avons pas de Terre de rechange.
Les sondes parties sillonner le système solaire nous en ont apporté la preuve par l’image : de toutes les planètes, la Terre est la plus belle, parce qu’elle est vivante. Et c’est l’accès à l’espace qui a tendu aux humains le meilleur miroir sur ce monde regorgeant de vie et d’espoir. Il leur a surtout montré combien la Terre était fragile, et comment ses grands équilibres pouvaient rapidement se bouleverser.
Mais si la Terre elle-même est fragile, que dire alors de la modeste capsule dans laquelle j’ai pris place ? J’avais oublié que ce vol extraordinaire qui s’effectue dans un silence absolu se déroule à la vitesse prodigieuse de 28 000 km/h !
En ce moment même, je vais plus vite que le plus rapide des boulets de canon. Qu’adviendrait-il si j’heurtais un débris spatial, ou une météorite ? Qui viendrait me secourir ? La chose est-elle seulement possible ? Me voici confronté à l’angoisse du naufragé solitaire. Le Paradis n’est plus dans le ciel, mais là, sous mes pieds, notre bonne vieille Terre, et j’ignore si je pourrais jamais la rejoindre.
Heureusement, tout semble se dérouler normalement. Tout à l’heure, à peine posé, sans doute regretterai-je déjà de ne plus être là-haut, et n’aurai qu’une envie : y retourner. Au fond, au terme de ce voyage extraordinaire, c’est d’abord sur moi-même que j’aurai beaucoup appris.
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Orbit
John J. Nance
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