CNES Jeunes
Français English




Envoyer à un ami Imprimer

Argos : comprendre l’Océan Austral avec les éléphants de mer

14 avril 2009

Grâce à des balises Argos spécialement conçues pour l’étude, une équipe internationale de chercheurs a suivi des éléphants de mer dans leur quête de nourriture et réussi à glaner des informations inédites sur l’Océan Austral.

60 plongées par jour, à 600 m de profondeur en moyenne

Les balises sont fixées à l’aide d’une résine et tombent naturellement, le plus souvent au moment où l’éléphant de mer renouvelle son pelage. Crédits : MNHN-CNRS/SMRU-SEaOS.

Les balises sont fixées à l’aide d’une résine et tombent naturellement, le plus souvent au moment où l’éléphant de mer renouvelle son pelage. Crédits : MNHN-CNRS/SMRU-SEaOS.

« Les éléphants de mer sont des plongeurs remarquables, ils peuvent aller au-delà de 1 500 m de profondeur », s’enthousiasme Christophe Guinet, biologiste marin au CNRS. Mais ces performances ne font pas oublier au chercheur le déclin de certaines colonies d’éléphants de mer.

Celles des îles Kerguelen et Macquarie, situées près de l’Antarctique, ont perdu la moitié de leurs effectifs depuis les années 70.

Pour élucider ce mystère, Christophe Guinet et ses collègues britanniques et australiens ont décidé d’équiper une quarantaine de phoques de balises Argos (exploitées par la société CLS, filiale du CNES) uniques en leur genre.

« Cette nouvelle génération de balises* nous a permis de suivre le déplacement en mer de ces animaux, mais aussi d'étudier leur comportement de plongée et de mesurer la température et la salinité du milieu », explique Christophe Guinet.



Les balises permettent de localiser les animaux. Elles sont également munies de capteur de pression, donnant la profondeur de plongée, et de capteurs miniaturisés de température et de salinité. Crédits : MNHN-CNRS/SMRU-SEaOS.

Les balises permettent de localiser les animaux. Elles sont également munies de capteur de pression, donnant la profondeur de plongée, et de capteurs miniaturisés de température et de salinité. Crédits : MNHN-CNRS/SMRU-SEaOS.

Dès que les éléphants de mer sortent la tête de l’eau pour reprendre de l’air, les informations glanées par leurs balises sont instantanément transmises aux biologistes via un satellite.

Après 3 ans de suivi, les chercheurs se sont alors aperçus que les phoques en déclin des îles Kerguelen et Macquarie allaient majoritairement pêcher à proximité de l’Antarctique et de sa banquise.

Seulement voilà, dans les années 70, la surface de la banquise a diminué d’environ 6 millions de km2, entraînant avec elle une diminution de la quantité d’algues, de krill** et de poissons.

Les éléphants de mer venant s’alimenter dans la région auraient ainsi été victimes de la raréfaction de la nourriture.



16 500 nouveaux profils de température et de salinité

La communauté des océanographes a elle aussi suivi de prêt les pérégrinations des éléphants de mer. Et pour cause, ces plongeurs hors pairs passent 90 % du temps sous l’eau et peuvent aller dans la zone des glaces qui borde le continent antarctique, là où aucun bateau ne peut se rendre.

 

La consultation des vidéos sur ce site nécessite l'activation de Javascript sur votre navigateur et le Flash player 9 (ou version supérieure), téléchargeable ici.
Largeur des vidéos : 480px
Hauteur des vidéos : 360px

Nom de la première vidéo : L'univers des éléphants de mer
Texte de la première vidéo :

Grâce aux balises Argos, une équipe de chercheurs a étudié le mode de vie de ces animaux et réussi à glaner des informations inédites sur l'océan austral (extrait du Journal de l'Espace, mars 2009).


Vignette de la première vidéo (108px):

Url externe de la première vidéo : http://www.cnes-multimedia.fr/dossiers/Journal_de_lespace2008/media/__JTEspace_videos_mars2009_sujet4.flv
Image d'attente de la première vidéo :






Plus de 16 000 nouvelles mesures de température et de salinité ont ainsi été récoltées en un temps record. De quoi décrire avec précision les courants marins qui prennent naissance ici, circulent autour du globe et régulent en partie le climat mondial.

Les éléphants de mer passent seulement 10% de leur temps en dehors de l'eau. Crédits : MNHN-CNRS/SMRU-SEaOS.

Les éléphants de mer passent seulement 10% de leur temps en dehors de l'eau. Crédits : MNHN-CNRS/SMRU-SEaOS.

« C’est extraordinaire, en explorant la zone de glace saisonnière de l’océan austral, les éléphants de mer nous ont offert les premières données hydrographiques associées à la formation de la banquise », se réjouit Gilles Reverdin, océanographe au CNRS.

A plus long terme, les chercheurs espèrent suivre les variations d’épaisseur de la banquise mais aussi les répercussions des changements climatiques sur cette région du monde.

 



* Mises au point par le laboratoire écossais Sea Mammal Research Unit
** Petites crevettes à la base des chaînes alimentaires

Haut de la page