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Pollution spatiale, un mal ou un bien?

 
« Toute activité humaine pollue » dédramatise d’emblée Jacques Arnould lorsqu’il aborde la question de la pollution liée aux activités spatiales. Un thème particulièrement sensible au CNES, où l’on défend fermement l’idée selon laquelle, face aux nouveaux défis environnementaux, il faut plus que jamais « de l’Espace pour la Terre ».

Crédit : CNES/ill. D. Ducros

Crédit : CNES/ill. D. Ducros

« En soi, polluer n’est ni un mal ni un bien. Toute activité, fut-elle strictement biologique, génère son lot de déchets. »

« Ce qui serait mal, ce serait d’adopter la politique de l’autruche et de polluer sans l’admettre, ni chercher les moyens d’y remédier par des systèmes de gestion et de contrôle de ces pollutions. »



Dans le domaine spatial, la pollution a ceci de particulier qu’elle recoupe d’une part des problématiques rencontrées dans d’autres domaines, notamment au lancement (émission de produits de combustion comme l’alumine ou le gaz chlorhydrique), mais pose aussi des problèmes très spécifiques, au premier rang desquels celui des débris spatiaux.

Une des caractéristiques les plus intéressantes des objets placés en orbite autour de la Terre, c’est qu’ils ont tendance à y rester indéfiniment.
Décollage d'Ariane 5 le 9 mars 2008 pour le lancement de l'ATV. Crédit : Optique vidéo CSG.

Décollage d'Ariane 5 le 9 mars 2008 pour le lancement de l'ATV. Crédit : Optique vidéo CSG.


Mais les satellites ne sont pas éternels pour autant. Dès qu’ils cessent de fonctionner, ils deviennent autant de débris inutiles, encombrant peu à peu les routes de l’espace où ils deviennent un danger pour les satellites encore opérationnels, voire les équipages de vaisseaux habités.
Et lorsque ces débris inertes se trouvent sur des orbites suffisamment basses, c’est la crainte de faire des victimes au sol lors d’une rentrée incontrôlée sur Terre qui fait question. Même si on n’a jamais eu à déplorer un seul mort du fait des débris spatiaux, les problèmes qu’ils posent ne sont pas plus anodins que les solutions pour y remédier ne sont simples.

A propos de la pollution spatiale, interview de Jacques Arnould, crédit : CNES 2007

« Il est clair que les acteurs du spatial doivent aujourd’hui prévoir leurs propres cycles de dépollution. Et c’est une des responsabilités majeures du CNES de prendre en compte cette dimension dès la conception et l’élaboration de ses projets. Mon rôle est de faire en sorte qu’elle ne soit pas oubliée, tant la tentation de négliger cette question pour des raisons de coût ou de performance opérationnelle peut parfois être grande. »

Sur ce plan, force est de reconnaître que le CNES fait plutôt partie des bons élèves de la classe spatiale. Son règlement de sauvegarde vol, qui détermine les conditions draconiennes de sécurité que doit respecter toute campagne de lancement, est un des plus rigoureux au monde.
Le satellite Microscope. <br/>Crédits : CNES/ill. D. Ducros

Le satellite Microscope.
Crédits : CNES/ill. D. Ducros

Son règlement de sauvegarde vol, qui détermine les conditions draconiennes de sécurité que doit respecter toute campagne de lancement, est un des plus rigoureux au monde.

Et s’agissant des débris, non seulement le CNES respecte-t-il scrupuleusement les recommandations internationales visant à réduire la prolifération de déchets en orbite, mais encore développe-t-il de nouveaux moyens d’y parvenir, comme la voile de freinage atmosphérique gonflable dont sera équipé le satellite scientifique microscope en 2011. Manifestement, ce n’est pas en vain que Jacques Arnould agite régulièrement l’aiguillon éthique qui lui a été confié...

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Suite de l'interview ...

 

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