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Une journée au GEIPAN

 

Autant prévenir tout de suite les émules de Mulder et Scully qui rêveraient de faire carrière au GEIPAN, le quotidien de ce service est beaucoup moins palpitant qu’on ne pourrait le penser.
Exemple de procès verbal. Crédits : CNES

Exemple de procès verbal. Crédits : CNES

C'est généralement par téléphone que les cas d'observation sont d'abord signalés à Jacques Patenet.

« J'ai un contact à la direction générale de la gendarmerie qui coordonne ces activités dans toutes les brigades.

Il y a plusieurs procès-verbaux d'observations par semaine, le tout-venant pourrait-on dire, des gens qui voient des lumières, etc....

Ces cas-là ne nécessitent pas d'intervention immédiate, et je reçois par la suite copie des procès-verbaux par courrier. »



Si en revanche on assiste quelque part en France à un phénomène de grande ampleur, avec de nombreux témoins, le GEIPAN peut alors être conduit à se rendre sur les lieux pour faire une enquête avec la gendarmerie.

Enquête sur le cas appelé "trou normand" en 1989. Crédits : CNES

Enquête sur le cas appelé "trou normand" en 1989. Crédits : CNES

« Cela a été le cas au mois de septembre dernier où nous nous sommes rendus dans le nord pour faire une enquête sur des phénomènes qu’avaient relatés des médias locaux » précise Jacques Patenet.

La première chose à faire lors de toute enquête, c’est de collecter le maximum d’informations.


Dans le cas des PANS, il s’agit de données concernant la météo, l’état de la circulation aérienne, d’éventuelles traces radar, etc. « Nous procédons aussi à étude du contexte : y avait-il dans les environs une fête foraine, une ouverture de discothèque ? » Il n’est en effet pas rare que ces événements donnent lieu à l’utilisation de dispositifs lumineux visibles de très loin, qui peuvent s’avérer très perturbant pour les témoins lorsqu’ils se reflètent sur les nuages.

La position des étoiles et des planètes est également prise en compte. Lorsqu’elle est au plus près de la Terre comme c’est le cas actuellement peu après le coucher du Soleil, Vénus est un véritable phare céleste qu’on peut facilement confondre avec les phares d’atterrissage d’un avion de ligne.
Le lever de Vénus à plusieurs dates, vers le milieu des années 50. Crédits : CNES

Le lever de Vénus à plusieurs dates, vers le milieu des années 50. Crédits : CNES

Les témoins commencent à s'inquiéter lorsqu'ils se rendent compte que cet « avion » est stationnaire...

Selon les conditions météo, la Lune peut également présenter un aspect déroutant, surtout lorsqu'elle est proche de l'horizon.




« Dans 99 % des cas, les témoins sont parfaitement sincères, ils ont vu quelque chose. Très peu recherchent la publicité, car ils craignent surtout de ne pas être pris au sérieux. Maintenant, ce qu’ils ont vu est la plupart du temps un phénomène parfaitement naturel, mais perçu de façon erronée. »

Toutes ces vérifications, systématiques, sont effectuées très rapidement. Mais elles ne permettent pas forcément de trouver une solution. « La deuxième étape peut alors consister en une nouvelle audition des témoins, voire une reconstitution qui permet de trouver les axes précis d’observation du phénomène ».

Echantillons et pièces à conviction au GEIPAN (Cnes Toulouse). Crédits : CNES

Echantillons et pièces à conviction au GEIPAN (Cnes Toulouse). Crédits : CNES

La grande force du nouveau GEIPAN, c'est que toutes ces données seront par la suite adressées à un collège d'experts.

« Chacun dans sa spécialité, astronome, spécialiste en télécommunications, propulsion... aura ainsi accès aux données et pourra les examiner en détail.

Ce réseau va alors collégialement tenter de fournir une explication au phénomène. »



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Suite de l'interview ...

 

Pour en savoir plus

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