CNES Jeunes
Français English
Envoyer à un ami Imprimer

Y a-t-il un scientifique dans l’ovni?

 
De fait, parmi les quelque 1 650 cas d’observations qui seront publiés à terme sur le site du GEIPAN, certains restent de véritables énigmes. Qu’ont vu les membres d’équipage d’un vol Air France en 1994 au-dessus de Paris ? Phénomène qui pour le coup méritait bien le nom d’ovni, puisqu’il a été détecté simultanément par les radars du centre de commandement des opérations aériennes de Taverny.

28 janvier 1994
Les trajectoires de l’A320 et de l’ « ovni » telles que reconstituées par D. Weinstein, spécialiste mondial des observations aériennes, lors de son enquête. L’équipage du vol Air France observe un grand disque brun – rouge de forme changeante et qui semble de très grande taille. L’avion croise progressivement la trajectoire du phénomène insolite qui disparaît sur place au bout d’une minute environ.
Crédits : CNES

Qu'est-ce qui a endommagé à distance les plantes d'un jardin de Provence en 1981 et laissé sur le sol des traces de ripage?

Qu'est-ce qui pesait suffisamment lourd pour avoir entamé des traverses de chemin de fer dans le nord de la France en 1954?

Jacques Patenet ne le sait pas.




8 janvier 1981. Un homme de Trans en Provence est attiré par un sifflement provenant d’un engin en train de descendre sur le sol. L’engin se pose avec un bruit sourd et repart très rapidement. Une trace d’environ 2 m de diamètre sur le sol a été constatée (photo). Les analyses du sol confiées par le GEPAN à 4 laboratoires différents ont apporté chacun un point de vue complémentaire. Elles ont confirmé un tassement significatif du sol, montrant la présence d’un corps pesant ayant laissé un léger dépôt de fer, d’oxyde de fer, de phosphates et de zinc. Un échauffement significatif inférieur à 600°C a été détecté. Nul doute qu’un phénomène de grande ampleur s’est produit ce jour là, et que la matérialité de l’observation est hautement probable.
Crédits : CNES


Pour lui, c’est à la communauté scientifique de se saisir de la question.

« Il faut absolument que les scientifiques acceptent de sortir le dossier ovni du paranormal. C’est un sujet d’étude comme un autre. Au GEIPAN, nous récoltons régulièrement des observations avec des faits tangibles, des témoins de bonne foi, et nous essayons d’expliquer ce qui s’est passé. Mais dans l’hypothèse où nous n’y parvenons pas, nous voudrions pouvoir interpeller les scientifiques et mettre à leur disposition nos rapports d’enquête afin qu’ils les étudient. »

Croquis du témoin de Trans en Provence. L’engin est de couleur grise comme du zinc, n’émet ni flamme ni fumée et a une dimension d’environ 2,5 m sur 1,70 de hauteur, circulaire, avec sur son diamètre une bande plus épaisse. L’ensemble de l’observation a duré de 30 à 40 s.
Crédits : CNES

Cet appel sera-t-il entendu ? C’est peu dire que la communauté scientifique est traditionnellement très réservée sur le sujet, tant il a été préempté par les illuminés de tout poil, des fans d’Elvis aux mouvements sectaires les plus dangereux. C’est justement la raison pour laquelle Jacques Patenet reste convaincu de l’utilité du GEIPAN, y compris sur un plan social.
Ancienne affiche

Ancienne affiche

« Les pouvoirs publics ont besoin de disposer d’un organisme officiel qui prend en compte ce phénomène et peut dans la majorité des cas apporter une réponse aux observations du public. Le grand danger, ce serait d’abandonner le terrain aux sectes et aux charlatans. »

Reste cependant une question de taille : le CNES est-il le mieux placé pour héberger la structure chargée d’étudier ces phénomènes ?

« Depuis 30 ans que le Cnes traite du sujet, aucun autre organisme n’a revendiqué d’être mieux placé pour s’en occuper.


D’autre part, un audit mené en 2001 a montré que le Cnes avait plusieurs atouts pour conserver la gestion du dossier. D’abord, c’est un organisme civil, qui donc n’est pas suspect de vouloir faire tomber une chape de plomb sur la question pour d’éventuelles questions de secret défense.
Archives et pièces à conviction du GEIPAN au CNES à Toulouse. Crédits : CNES

Archives et pièces à conviction du GEIPAN au CNES à Toulouse. Crédits : CNES

Ensuite, le Cnes est compétent pour le spatial et manifestement ces phénomènes se passent dans le ciel.

Enfin le Cnes, établissement public, n'est pas non plus suspect de chercher à tirer de l'étude de cette question un quelconque bénéfice financier. »



...

Suite de l'interview ...

 

Pour en savoir plus

GlossaireDocument pdf (pdf, 17.38 K)
Haut de la page