Coopération franco-russe, de cœur et de raison
Envoyer des hommes dans l’espace coûte très cher. Aussi, lors de chacune des 8 missions russes auxquelles des spationautes français ont participé depuis 1982, la France a payé une partie du billet en matériel. « As de cœur », le premier échographe installé dans Mir, a ainsi été développé par le CNES.
Claudie André-Deshays équipée de l'instrument Portapress pour l'expérience Physiolab à bord de la station Mir lors de la mission Cassiopée.. Crédits : CNES/ Claudie André-Deshays, 1999
Petit à petit, les instruments ont gagné en performance, au gré de l'évolution des technologies. « Le prédécesseur direct de Cardiomed s'appelait Physiolab et est monté à bord de la station Mir avec Claudie Haigneré en 1996 » rappelle Guillemette Gauquelin-Koch.
Entre temps, les technologies ont rapidement évolué, et les retours d'expérience de Physiolab ont aussi permis d'affiner les protocoles d'étude, supposant la mise au point de nouveaux logiciels.
« Le principal gain de Cardiomed par rapport à physiolab, c'est qu'il est constitué d'appareils de dernière génération bénéficiant des toutes dernières avancées technologiques en termes de miniaturisation. »
Alors que Physiolab ressemblait à une sorte de gilet portable, l'essentiel des capteurs de Cardiomed tient dans une ceinture.
Jean-Pierre Haigneré pendant l'expérience Physiolab à bord de la station spatiale Mir, lors de la mission Perseus. Crédits : CNES/JP Haigneré, 1999
L'informatique aussi a été adaptée. Physiolab avait été conçu pour des expériences scientifiques, alors qu'ici il est question de suivi médical.
« Un électrocardiogramme a besoin d'une sensibilité bien plus importante pour un suivi médical que pour une expérience purement scientifique».
Après les prises de mesure sur les cosmonautes, les données seront traitées conjointement, en bonne intelligence là encore.
Médecin à l'IPMB (Institut des problèmes médicobiologiques), Adila Kotoskaïa a été le médecin de Youri Gagarine. Crédits : CNES/JALBY Pierre, 2006
« En face de chaque médecin français, il y a un médecin russe dans la même spécialité, ce qui fait qu'ils publieront leurs résultats ensemble ». Signalons d'ailleurs qu'à la tête de ces médecins russes se trouve un formidable témoin de l'aube des vols habités, Adila Kotovskaya, médecin personnel de Youri Gagarine, le premier voyageur de l'espace.
Cardiomed sera complètement achevé fin 2007 et montera quelques mois plus tard à bord de l'ISS dans les soutes d'un vaisseau Soyouz.
Mais l'équipe du projet Cardiomed regarde déjà au-delà, vers Mars. Enfin presque. Début 2008 doit commencer en Russie une ambitieuse simulation de mission à destination de la planète rouge, Mars 500, qui comme son nom l'indique durera au moins 500 jours. L'impesanteur sera simulée par le maintien en position allongée des participants. Une partie des instruments de Cardiomed sera sans doute de ce voyage immobile.
Si des hommes débarquent un jour sur Mars en pleine forme après 6 mois de voyage en impesanteur, nul doute que Cardiomed et ses descendants y auront beaucoup contribué.
Propos recueillis par Didier Jamet.
Voir aussi
- Programme Cardiomed - Site du CNES
- Programme Cardiomed - Site des missions scientifiques du CNES
- Cadmos - préparer et réaliser des expériences en micropesanteur
Pour en savoir plus
- Missions habitées françaises - site réalisé à l'occasion des 20 ans de vols habités français (2002)
- Site du Medes - Institut de Medecine et de Physiologie Spatiales




