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Cosmonautes sous surveillance

 
Pour limiter les risques de syncope au terme d’un séjour dans l’espace, les spationautes sont soumis à un certain nombre de « contre-mesures » afin que leur corps n’oublie pas totalement la pesanteur.
Le LBNP, appelé Tchibis en russe, crée une légère dépression autour des jambes, ce qui favorise le déplacement du sang vers les pieds. Crédits : CNES/NPO Energia, 1992

Le LBNP, appelé Tchibis en russe, crée une légère dépression autour des jambes, ce qui favorise le déplacement du sang vers les pieds. Crédits : CNES/NPO Energia, 1992

Parmi celles-ci, il y a de nombreux exercices musculaires, mais aussi des séances de « LBNP ».

Derrière cet acronyme barbare (les initiales de Low Body Negative Pressure, que l'on pourrait traduire par « dépression appliquée à la partie inférieure du corps ») se cache en fait un cylindre étanche relié à une pompe à vide dans lequel les spationautes viennent placer leurs jambes.

La pression y est alors abaissée de 0 à – 45 mm de mercure, si bien que le sang stationné dans la partie supérieure du corps est obligé de redescendre dans les jambes. La baisse de pression est effectuée par paliers, laissant au système cardiovasculaire le temps de s'adapter.

« À chacun de ces paliers, Cardiomed fournira des informations précieuses sur la réponse du système cardiovasculaire. »

Débit cardiaque, électrocardiogramme, pression artérielle, flux vasculaires artériels et veineux...

« Ceci permettra d'anticiper ce qui se passera lors du véritable retour sur Terre, car chaque spationaute est un cas particulier » précise Guillemette Gauquelin Koch.





L'expérience Cardiomed testée au Centre spatial de Toulouse, en présence de médecins français et russes. Cardiomed contient 5 appareils : Doppler, Cardiopres, holter ECG, holter tensionnel et pléthysmographe. Crédits : CNES/JALBY Pierre, 2006

L'expérience Cardiomed testée au Centre spatial de Toulouse, en présence de médecins français et russes. Cardiomed contient 5 appareils : Doppler, Cardiopres, holter ECG, holter tensionnel et pléthysmographe. Crédits : CNES/JALBY Pierre, 2006

Et d’ajouter que « l’intérêt de Cardiomed, c’est qu’avec 5 appareils seulement, on pourra faire un bilan de l’ensemble du système cardiovasculaire soit sur des cycles complets jour/nuit, soit sur des périodes qui nous intéressent tout particulièrement, comme les séances de LBNP. On pourra ainsi mettre en évidence toutes les éventuelles corrélations possibles et imaginables. »

Tests de l'expérience Cardiomed. Crédits : CNES

Tests de l'expérience Cardiomed. Crédits : CNES

Cardiomed est un projet développé dans le cadre d'un accord de coopération franco-russe. Aussi ses premiers bénéficiaires seront les cosmonautes russes qui rejoindront la Station Spatiale Internationale à partir de 2008. Les médecins français qui ont contribué à la mise au point de Cardiomed ont développé avec leurs confrères russes 11 protocoles que les cosmonautes devront appliquer dans l'espace, afin que l'on puisse suivre leur adaptation en impesanteur.

Pour un vol de 6 mois, chaque cosmonaute subira une séance de LBNP tous les mois pendant 4 mois. Puis, les 2 derniers mois, ce sera une séance tous les 15 jours, au cours de laquelle les paramètres cardiovasculaires seront surveillés de très près.

« Ce suivi médical complet est particulièrement intéressant pour nous :

voir comment les gens réagissent lorsqu'on les fait pédaler pendant 2 heures, cela ne présente pas grand intérêt, alors que le suivi médical nous offre un véritable accès à la « réalité hospitalière » du vol spatial »



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