Pour un Espace propre : le CNES donne l'exemple avec la désorbitation de SPOT 1
1er décembre 2003
Décollage du lanceur Ariane 1 le 21 février 1986 embarquant le satellite Spot 1. © CNES / ESA/Arianespace, 1986
Le 22 février 1986, un lanceur européen Ariane 1 mettait en orbite SPOT 1, premier satellite du programme d’observation de la Terre décidé par les gouvernements belge, suédois et français.
Conçu pour une durée de 3 ans, SPOT 1 a fourni à Spot Image plus de 2,7 millions d’images d’une excellente qualité.
SPOT 1 est désormais en fin de vie : depuis le 18 novembre dernier, les équipes du CNES à Toulouse ont effectué plusieurs manoeuvres destinées à le placer sur une orbite plus basse. Soumis à des frottements plus importants, il se désintégrera ainsi dans l'atmosphère sans risque pour les populations.
Pourquoi désorbiter SPOT 1 ?
Vue d'artiste du satellite Spot 1 au-dessus de la terre. © CNES
Elle ne s'applique a priori pas à SPOT 1 dont la conception lui est bien antérieure ; le CNES a cependant décidé de donner l'exemple en l'appliquant dès à présent. En effet, compte-tenu des ergols encore disponibles sur le satellite, une modification de l'orbite compatible avec cette exigence était possible. De plus, une étude menée par Astrium en 2002 a prouvé que cette rentrée pouvait être menée moyennant des adaptations mineures de la configuration du satellite.
Comment ?
Chaque manœuvre consiste à effectuer une poussée de 1 000 s en sens opposé de la vitesse du satellite en utilisant les dernières réserves en hydrazine du satellite.
Pour mener à bien cette désorbitation, les équipes chargées des opérations ont dû procéder à des adaptations du logiciel de vol du satellite avec le support du maître d’œuvre industriel Astrium.
Le réseau des stations de poursuite du CNES (Issus Aussaguel, Hartebeesthoek, Kerguelen, Kourou) complétées par la station suédoise de Kiruna ont permis d’observer et de contrôler SPOT 1 pendant ces opérations. A cette occasion, elles ont été assistées de la station norvégienne de Svalbard.
"Cette désorbitation illustre le savoir-faire technique des équipes du CNES mais, au-delà, elle signifie que la maîtrise des activités spatiales demeure indissociable de l'application des recommandations au niveau international, garantes d'une utilisation durable de l'espace par et pour les générations futures" a tenu à déclarer le Président du CNES, Yannick d'Escatha.
Objectif atteint
SPOT 1 est désormais placé sur une orbite elliptique située à 574 km en son point le plus bas et à 804 km en son point le plus haut. L'objectif était de diminuer suffisamment l'altitude du satellite pour lui permettre de se désintégrer dans l'atmosphère en moins de 25 ans. Objectif atteint : le retour de SPOT 1 doit s'effectuer en 16 ans environ.
SPOT 2, 4 et 5. Crédits : CNES, ill. D.Ducros
Trois autres satellites de la filière (SPOT 2, 4 et 5) continuent cependant à fournir des images de la Terre. SPOT 5, avec ses performances techniques nettement améliorées, a confirmé la fiabilité et la disponibilité remarquable de ce système d’observation opérationnel depuis 1986. Aujourd’hui avec la signature du contrat attribué à EADS Astrium pour la réalisation de 2 satellites Pléiades, la continuité du service est assurée pour la prochaine décennie.
Quelques images SPOT 1
(© Cnes 2003 - Distribution Spot Image)
Voir aussi
Fin de mission de SPOT 1 (Communiqué du 28 novembre)






