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L’Europe s’élance vers Ariane 6


1er mars 2013

En novembre dernier, à Naples, les ministres chargés de la politique spatiale européenne ont signé l’acte de naissance d’un nouveau lanceur : Ariane 6. Une décision qui devrait permettre à l’Europe de demeurer leader sur le marché des lancements de satellites.

Ariane 6 lancera un satellite à la fois

Ariane 6 devrait posséder 2 étages à poudre et un étage à hydrogène et oxygène liquides (PPH). Crédits : ESA/CNES/Arianespace.

Ariane 6 devrait posséder 2 étages à poudre et un étage à hydrogène et oxygène liquides (PPH). Crédits : ESA/CNES/Arianespace.

Ariane 5 est leader mondial sur le marché des satellites de télécommunications, avec le lancement d’une dizaine de satellites chaque année. Seulement voilà, les satellites sont de plus en plus gros et il devient très difficile de trouver des paires de satellites compatibles avec les 9,4 t de capacité d’emport d’Ariane 5. Autre réalité : la concurrence…

« Les Russes sont aujourd’hui les principaux concurrents avec la fusée Proton, les Ukrainiens ont remis sur le marché la fusée Zenit, non sans quelques déboires, et d’ici à l’horizon 2020, il y aura peut-être aussi les fusées chinoises Longue Marche, raconte Joseph Berenbach, sous-directeur de la Préparation du Futur, de la Recherche et de la Technologie à la Direction des lanceurs du CNES. La part de marché d’Ariane va tendre à se réduire. »

L’Agence spatiale européenne, avec le soutien du CNES, a donc décidé de réagir en imaginant un lanceur qui réponde parfaitement aux besoins du marché futur. A savoir : une fusée capable de mettre en orbite soit un satellite commercial qui peut peser jusqu’à 6,5 t soit un satellite institutionnel plus petit, au nombre de 3 à 4 par an. Et le tout, à un prix compétitif pour 2021 !

« La contrainte permanente pour Ariane 5 est de trouver 2 satellites prêts à quelques mois d’intervalle et compatibles avec ses performances, souligne Joseph Berenbach. A contrario, Ariane 6 lancera un satellite à la fois et sera donc beaucoup plus flexible et réactive : les clients n’auront plus besoin d’attendre pour être lancés. »



2 étages à « Poudre », un étage à Hydrogène

2 configurations possibles pour le 1er étage de la future Ariane 6, à la base de la fusée, 2 ou 3 boosters. Crédits : ESA/CNES/Arianespace.

2 configurations possibles pour le 1er étage de la future Ariane 6, à la base de la fusée, 2 ou 3 boosters. Crédits : ESA/CNES/Arianespace.

Depuis 2009 – et le rapport commandité par le Premier ministre de l’époque, François Fillon – ingénieurs et industriels européens planchent sur le nouveau lanceur. Plus de 100 concepts sont alors envisagés et c’est finalement un lanceur à 3 étages « PPH » qui s’impose

« PPH signifie que les moteurs des 2 premiers étages sont à Poudre ou à Propergol solide et que celui du 3e étage est à Hydrogène et oxygène liquide, comme pour l’actuelle Ariane 5 », décrit Joseph Berenbach. En simplifiant, les moteurs à poudre fabriqués en série sont particulièrement économiques tandis que le moteur cryotechnique supérieur permet d’accroitre notablement la performance.

« Ariane 6 pourra se doter d’un 1er étage avec 2 ou 3 moteurs à propergol solide et ainsi mettre en orbite des satellites plus ou moins lourds, poursuit Joseph Berenbach. Ce concept de lanceur multi-P, que nous avons élaboré avec nos partenaires industriels Astrium, Herakles et Snecma, est complètement nouveau. »

Le 1er vol d’Ariane 6 est prévu en 2021. D’ici là, les ingénieurs vont développer un dernier étage réallumable particulièrement puissant pour faire évoluer la fusée Ariane 5 à l’horizon 2018 et, in fine, équiper la nouvelle fusée européenne Ariane 6 en 2021.



Quelques précisions par téléphone avec Joseph Berenbach, sous-directeur de la préparation du futur, de la recherche et de la technologie, à la Direction des lanceurs du CNES.

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